Une proposition soumise à la Commission fédérale des communications (FCC) visant à autoriser les prisons d'État et locales à brouiller les téléphones portables de contrebande suscite des critiques de la part des opérateurs de téléphonie mobile, qui affirment que cette mesure perturberait les communications légales. La proposition, défendue par le président de la FCC, Brendan Carr, et soutenue par les procureurs généraux républicains et les entreprises de téléphonie pénitentiaire, vise à freiner les activités illégales au sein des établissements correctionnels.
Les opérateurs de téléphonie mobile, menés par la CTIA, un groupe de lobbying représentant l'industrie des communications sans fil, ont exprimé une forte opposition dans les commentaires déposés auprès de la FCC en décembre. La CTIA a fait valoir que la technologie de brouillage bloque toutes les communications, y compris les communications légitimes telles que les appels au 911, et a affirmé que la FCC n'a pas le pouvoir d'autoriser un tel brouillage. « Le brouillage bloquera toutes les communications, et pas seulement les communications provenant d'appareils de contrebande », a déclaré la CTIA dans ses commentaires.
Des opérateurs individuels comme AT&T et Verizon ont également soumis des commentaires distincts exprimant leurs préoccupations. AT&T a fait valoir que le cadre juridique proposé est basé sur un « postulat factuel erroné ». L'entreprise a en outre précisé que, bien que la loi sur les communications interdise l'interférence avec les radiocommunications autorisées, le plan de Carr tente de contourner cette interdiction en proposant de désautoriser certaines communications.
Le débat met en évidence les défis complexes de la gestion de la technologie au sein des établissements correctionnels. Les téléphones portables de contrebande sont devenus un problème important, permettant aux détenus de poursuivre des activités criminelles, d'intimider des témoins et de coordonner des évasions. Les partisans de la technologie de brouillage soutiennent qu'il s'agit d'un outil nécessaire pour maintenir l'ordre et la sécurité dans les prisons.
Cependant, les opposants soulèvent des préoccupations quant aux conséquences imprévues potentielles. La technologie de brouillage, de par sa nature, bloque indistinctement tous les signaux sans fil dans une zone définie. Cela pourrait perturber les communications d'urgence, entraver la capacité du personnel pénitentiaire à utiliser ses propres appareils et potentiellement interférer avec les réseaux de sécurité publique à proximité. Des groupes dédiés au Wi-Fi et au GPS ont également soulevé des préoccupations dans leurs commentaires à la FCC.
L'examen de cette proposition par la FCC intervient dans le cadre des efforts déployés pour trouver des solutions efficaces au problème des téléphones portables de contrebande dans les prisons. D'autres approches comprennent l'amélioration de la technologie de détection des téléphones portables, les systèmes d'accès gérés qui permettent les appels autorisés tout en bloquant les appareils non autorisés, et des mesures d'application plus strictes.
La FCC examine actuellement les commentaires déposés par les différentes parties prenantes et n'a pas encore annoncé de calendrier pour une décision sur la proposition. Le débat souligne la nécessité d'équilibrer les préoccupations de sécurité avec l'impact potentiel sur la sécurité publique et la communication légale. La décision de la FCC aura probablement des implications importantes pour l'avenir de la technologie sans fil dans les établissements correctionnels et le débat plus large sur les solutions technologiques aux défis de l'application de la loi.
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