Le président américain Donald Trump a exhorté Cuba à « conclure un accord » dans un contexte de tensions croissantes entre les deux nations et de renforcement des sanctions contre l'île. La déclaration de Trump, publiée sur Truth Social dimanche, mettait en garde contre les conséquences si Cuba ne se conformait pas, ciblant spécifiquement le flux de pétrole et de soutien financier vénézuéliens.
L'avertissement fait suite à l'intensification des actions américaines contre le Venezuela, un allié de longue date de Cuba. Les forces américaines ont arrêté le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro lors d'un raid mené le 3 janvier à Caracas, déstabilisant davantage la région. Le Venezuela a toujours fourni à Cuba environ 35 000 barils de pétrole par jour, une ressource cruciale pour l'économie cubaine.
L'administration Trump a intensifié ses efforts pour perturber cet approvisionnement, en confisquant des pétroliers vénézuéliens sanctionnés. Vendredi, un cinquième pétrolier transportant prétendument du pétrole vénézuélien sanctionné a été saisi. Ces actions ont exacerbé les pénuries de carburant et d'électricité existantes à Cuba.
« Cuba a vécu, pendant de nombreuses années, grâce à de grandes quantités de PÉTROLE et d'ARGENT du Venezuela », a déclaré Trump. « En retour, Cuba a fourni des « Services de sécurité » aux deux derniers dictateurs vénézuéliens, MAIS PLUS MAINTENANT ! IL N'Y AURA PLUS DE PÉTROLE NI D'ARGENT ALLANT À CUBA - ZÉRO ! Je leur suggère fortement de conclure un accord, AVANT QUE JE... »
Le ministre cubain des Affaires étrangères a répondu à la déclaration de Trump en affirmant le droit de la nation d'importer du carburant « sans ingérence ». Le président Miguel Díaz-Canel a fait écho à ce sentiment, déclarant : « Personne ne nous dicte ce que nous faisons. »
Les relations entre les États-Unis et Cuba sont tendues depuis la révolution cubaine de 1959. Les États-Unis ont imposé un embargo commercial à Cuba en 1962, qui est toujours en vigueur aujourd'hui, bien que certaines restrictions aient été assouplies et renforcées à différents moments. L'administration Obama a initié une période de rapprochement, rétablissant les relations diplomatiques en 2015. Cependant, l'administration Trump a annulé bon nombre de ces politiques, revenant à une position plus conflictuelle.
La crise actuelle met en évidence la dépendance de Cuba à l'égard du soutien extérieur, en particulier du Venezuela. L'effondrement de l'Union soviétique au début des années 1990 a entraîné un grave ralentissement économique à Cuba, connu sous le nom de « Période spéciale », en raison de la perte des subventions et du commerce soviétiques. Le Venezuela, sous Hugo Chávez, est devenu un partenaire économique clé, fournissant du pétrole subventionné en échange de professionnels de la santé cubains et d'autres services.
La cessation potentielle des expéditions de pétrole vénézuélien constitue une menace importante pour la stabilité économique de Cuba. L'île est déjà aux prises avec des pénuries de biens essentiels et une économie en difficulté. D'autres restrictions sur les importations de carburant pourraient entraîner des difficultés accrues pour la population cubaine.
La position des États-Unis est que le soutien de Cuba au régime de Maduro au Venezuela permet la corruption et les violations des droits de l'homme. L'administration Trump maintient que faire pression sur Cuba est une étape nécessaire pour promouvoir la démocratie et la stabilité dans la région. Les critiques de la politique américaine soutiennent qu'elle punit le peuple cubain et compromet les efforts visant à promouvoir le dialogue et l'engagement. L'avenir des relations américano-cubaines reste incertain, les deux parties étant retranchées dans leurs positions.
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