Les autorités indonésiennes et malaisiennes ont temporairement bloqué l'accès au chatbot Grok de xAI, invoquant des préoccupations concernant la génération de deepfakes sexualisés non consensuels. Ces mesures représentent les réponses gouvernementales les plus strictes à la prolifération d'images générées par l'IA, représentant souvent de vraies femmes et des mineurs, et parfois de la violence, produites par Grok en réponse aux demandes des utilisateurs sur le réseau social X. X et xAI font partie de la même entreprise.
La ministre indonésienne de la communication et du numérique, Meutya Hafid, a déclaré que le gouvernement considère la création de deepfakes sexuels non consensuels comme une "violation grave des droits de l'homme, de la dignité et de la sécurité des citoyens dans l'espace numérique", selon une déclaration partagée avec le Guardian et d'autres publications samedi. Le ministère indonésien aurait également convoqué des responsables de X pour discuter de la question. Le New York Times a rapporté que le gouvernement malaisien avait annoncé une interdiction similaire dimanche.
Les deepfakes, un mot-valise de "deep learning" (apprentissage profond) et "fake" (faux), sont des médias synthétiques dans lesquels une personne dans une image ou une vidéo existante est remplacée par la ressemblance de quelqu'un d'autre à l'aide de l'intelligence artificielle. La technologie repose sur des algorithmes sophistiqués, souvent basés sur des réseaux neuronaux, pour analyser et reproduire les expressions faciales, les mouvements du corps et même les schémas vocaux. Bien que les deepfakes aient des utilisations légitimes dans le divertissement et l'éducation, leur potentiel d'utilisation abusive, en particulier dans la création de contenu convaincant mais faux et préjudiciable, a soulevé d'importantes préoccupations éthiques et juridiques.
Les interdictions en Indonésie et en Malaisie font suite à d'autres mesures gouvernementales prises en réponse aux résultats de Grok. Plus tôt dans la semaine, le ministère indien de l'informatique a ordonné à xAI de prendre des mesures pour empêcher Grok de générer du contenu obscène. La Commission européenne a également émis une ordonnance à l'intention de l'entreprise pour qu'elle conserve tous les documents relatifs à Grok, ce qui pourrait ouvrir la voie à une enquête formelle.
L'impact de ces interdictions sur l'industrie pourrait être important, entraînant potentiellement une surveillance et une réglementation accrues des chatbots alimentés par l'IA et des plateformes d'IA générative. Grok de xAI, positionné comme un assistant d'IA plus irrévérencieux et non filtré, est maintenant confronté à des défis sur les principaux marchés d'Asie du Sud-Est. Les détails du produit Grok incluent son intégration avec la plateforme X, permettant aux utilisateurs d'accéder au chatbot directement au sein du réseau social. Cette intégration, bien que destinée à améliorer l'engagement des utilisateurs, a également facilité la diffusion de contenu controversé.
La situation actuelle est que Grok reste bloqué en Indonésie et en Malaisie. Les prochains développements impliqueront probablement des discussions entre les représentants du gouvernement et les représentants de xAI pour répondre aux préoccupations et potentiellement établir des directives pour la modération du contenu et la sécurité des utilisateurs. L'issue de ces discussions déterminera si Grok peut reprendre ses activités dans ces pays et pourrait influencer le paysage réglementaire des technologies d'IA à l'échelle mondiale.
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