Keir Starmer, chef du Parti travailliste, a déclaré que X, anciennement connu sous le nom de Twitter, pourrait « perdre le droit de s'autoréguler » sous un futur gouvernement travailliste. Cette déclaration, faite lors d'un discours sur la politique technologique, soulève des questions sur l'avenir de la réglementation en ligne et l'autonomie opérationnelle de la plateforme au Royaume-Uni.
Starmer a fait valoir que les mécanismes d'autorégulation actuels se sont avérés insuffisants pour résoudre des problèmes tels que les discours de haine en ligne, la désinformation et les contenus préjudiciables ciblant les enfants. Il a souligné la nécessité d'une surveillance indépendante plus forte pour garantir la sécurité des utilisateurs et la responsabilité de la plateforme. « L'ère de l'autorégulation pour les entreprises technologiques doit prendre fin », a affirmé Starmer. « Un gouvernement travailliste introduira des réglementations robustes et juridiquement contraignantes pour protéger les utilisateurs et tenir les plateformes responsables du contenu qu'elles hébergent. »
La perte potentielle de l'autorégulation pourrait avoir un impact significatif sur le modèle opérationnel de X au Royaume-Uni. Actuellement, la plateforme s'appuie sur ses politiques internes et ses mécanismes d'application pour gérer le contenu et le comportement des utilisateurs. Une réglementation externe plus stricte pourrait nécessiter des changements substantiels dans ses processus de modération de contenu, ses algorithmes et ses pratiques de traitement des données. Cela pourrait impliquer un investissement accru dans des modérateurs humains, des outils de détection de contenu améliorés par l'IA et une plus grande transparence dans les décisions de suppression de contenu.
Les analystes du secteur suggèrent qu'une telle mesure pourrait créer un précédent pour d'autres plateformes de médias sociaux opérant au Royaume-Uni. Un passage à une réglementation statutaire pourrait obliger les entreprises à se conformer à un ensemble de règles standardisées et à faire face à des sanctions en cas de non-conformité, ce qui pourrait avoir un impact sur leur rentabilité et leur flexibilité opérationnelle.
X n'a pas encore publié de déclaration officielle en réponse aux commentaires de Starmer. Cependant, l'entreprise a déjà défendu son approche d'autorégulation, soulignant ses investissements dans les technologies de modération de contenu et son engagement à supprimer les contenus préjudiciables. Les politiques actuelles de la plateforme interdisent les discours de haine, l'incitation à la violence et la promotion du terrorisme. Elle utilise également un système de signalement qui permet aux utilisateurs de signaler du contenu pour examen.
Le cadre réglementaire proposé par le Parti travailliste devrait être détaillé davantage dans les mois à venir. Il devrait s'inspirer des principes énoncés dans le projet de loi sur la sécurité en ligne (Online Safety Bill), qui vise à établir une obligation légale de diligence pour les plateformes en ligne afin de protéger les utilisateurs contre les contenus préjudiciables. Le projet de loi est actuellement en cours d'examen au Parlement. L'avenir du projet de loi et de toute nouvelle réglementation potentielle dépendra probablement de l'issue des prochaines élections générales.
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