Les tensions politiques et les pressions extérieures font craindre une résurgence en Amérique latine de conditions rappelant l'époque des "républiques bananières". Selon les analystes, la région est aux prises avec une polarisation politique interne exacerbée par une croissance économique inégale et un affaiblissement des institutions étatiques suite à la pandémie. Ces facteurs, combinés à une perception d'ingérence extérieure, alimentent les craintes d'instabilité et d'une dérive vers une politique militarisée.
Ces inquiétudes découlent d'une série d'événements récents, notamment une attaque à Caracas, l'enlèvement de Nicolas Maduro et ce que certains observateurs qualifient de menaces du président américain à l'encontre des dirigeants de la Colombie et du Mexique. Les élections dans toute la région ont encore intensifié les divisions politiques, d'importantes démocraties devant organiser des élections plus tard en 2026.
Fabio Andrés Díaz Pabón et Pedro Alarcón, dans un article de janvier 2026, affirment que ces développements représentent "une réinterprétation moderne de la république bananière et de la diplomatie de la canonnière". Ils soulignent l'attrait croissant des réponses populistes et intransigeantes comme un symptôme de problèmes sous-jacents tels que la répartition inégale des richesses et l'érosion de la capacité de l'État.
Le terme "république bananière" désigne historiquement les pays d'Amérique latine dont l'économie est fortement tributaire d'une seule exportation, souvent des bananes ou d'autres produits agricoles, et qui se caractérisent par une instabilité politique, la corruption et l'influence excessive de sociétés ou de gouvernements étrangers. Les critiques soutiennent que la situation actuelle en Amérique latine partage certaines de ces caractéristiques, les acteurs extérieurs exploitant potentiellement les vulnérabilités internes à leur propre avantage.
L'augmentation de la criminalité organisée et son impact sur la gouvernance sont un autre facteur contributif. Au Pérou, par exemple, les syndicats de transport urbain de Lima ont protesté contre le gouvernement en janvier 2026, invoquant une augmentation des extorsions et des meurtres de leurs travailleurs par le crime organisé, soulignant les difficultés rencontrées par les gouvernements pour maintenir l'ordre et la sécurité.
Alors que certains observateurs soulignent les risques d'ingérence extérieure, d'autres affirment que la dynamique interne des pays d'Amérique latine est le principal moteur de l'instabilité. Ils soulignent les inégalités sociales et économiques profondes, ainsi que les schémas historiques de polarisation politique, comme des facteurs qui rendent la région vulnérable aux pressions internes et externes.
La situation reste fluide, les prochaines élections dans plusieurs grandes démocraties d'Amérique latine pouvant constituer un tournant. Les résultats de ces élections, ainsi que les réponses des acteurs nationaux et internationaux, détermineront probablement la trajectoire de la région dans les années à venir.
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