Donald Trump a menacé d'invoquer l'Insurrection Act à Minneapolis, dans le contexte de manifestations continues contre les agents fédéraux de l'immigration. L'ancien président a déclaré sur Truth Social qu'il mettrait en œuvre cette loi rarement utilisée, qui permet au président de déployer l'armée sur le territoire national pour réprimer une insurrection ou une rébellion, si les politiciens du Minnesota "n'obéissent pas à la loi et n'empêchent pas les agitateurs professionnels et les insurrectionnels d'attaquer les Patriotes de l'I.C.E., qui ne font qu'essayer de faire leur travail".
Cette menace fait suite à une semaine de tensions accrues à Minneapolis, déclenchées par la mort de Renee Nicole Good, tuée par balle, et exacerbées par un incident survenu mercredi, au cours duquel un agent fédéral a tiré sur un homme à la jambe lors d'une opération de maintien de l'ordre dans le nord de Minneapolis. Trump a affirmé qu'invoquer cette loi "mettrait rapidement fin à la parodie qui se déroule dans cet État autrefois si grand".
L'Insurrection Act, promulguée à l'origine en 1807, accorde au président de larges pouvoirs pour utiliser l'armée américaine afin de faire appliquer les lois fédérales au sein des États. Son invocation est généralement réservée aux situations où les autorités de l'État sont incapables ou ne veulent pas maintenir l'ordre. Cette loi a été utilisée avec parcimonie tout au long de l'histoire, plus récemment en 1992 lors des émeutes de Los Angeles.
Des juristes ont débattu de la portée et de la constitutionnalité de l'Insurrection Act, certains arguant que son libellé général pourrait donner lieu à des abus. Les critiques de la menace de Trump affirment que le déploiement de l'armée contre les manifestants constituerait une réaction excessive et une violation des libertés civiles. Les partisans, quant à eux, soutiennent que le président a le devoir de protéger les biens et le personnel fédéraux, et que l'Insurrection Act fournit un outil nécessaire pour le faire dans des circonstances extrêmes.
Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, n'a pas encore répondu directement à la déclaration de Trump. Toutefois, les responsables de l'État ont souligné leur engagement à protéger à la fois le droit de manifester et la sécurité des agents des forces de l'ordre. La situation reste fluide et il n'est pas certain que l'administration Trump prenne d'autres mesures pour invoquer l'Insurrection Act. Le ministère de la Justice n'a pas fait de commentaires sur l'utilisation potentielle de cette loi.
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