Les tensions entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, alliés historiquement proches au Moyen-Orient, se sont transformées en une importante fracture, suscitant des inquiétudes quant à un réalignement plus large dans la région. La détérioration des relations est devenue évidente lors de la guerre civile au Soudan, où les deux nations ont soutenu des factions opposées, aboutissant à une confrontation militaire directe au Yémen en décembre dernier. L'Arabie saoudite, ainsi que ses alliés, ont lancé une offensive militaire contre les ÉAU et leurs groupes alliés, ce qui a incité les ÉAU à annoncer un retrait complet du conflit.
L'affrontement au Yémen représente un écart notable par rapport à la relation de coopération que les deux États du Golfe entretiennent depuis des décennies, en particulier dans les domaines de la sécurité et de la politique étrangère. Marc Lynch, professeur de sciences politiques et d'affaires internationales à l'université George Washington, souligne que la question clé est de savoir si cette fracture se résorbera pour revenir à la normale ou si elle s'accélérera pour aboutir à un réalignement plus large.
Les racines de la discorde remontent à des approches divergentes des conflits régionaux et à la concurrence économique. Bien que les deux nations partagent un engagement en faveur de la stabilité au Moyen-Orient, leurs stratégies pour atteindre cet objectif ont de plus en plus divergé. Les ÉAU se sont concentrés sur la projection de leur influence par le biais d'initiatives économiques et de puissance douce, tandis que l'Arabie saoudite a souvent privilégié une intervention militaire plus directe.
Le conflit au Yémen, où les deux pays étaient initialement alignés contre les rebelles houthis, a mis en évidence ces stratégies divergentes. L'accent mis par les ÉAU sur les opérations de lutte contre le terrorisme et le soutien aux forces locales contrastait avec la campagne militaire plus vaste de l'Arabie saoudite. Cette divergence a finalement conduit à la confrontation militaire actuelle.
Au-delà du Yémen, la concurrence économique a également alimenté la fracture. Les deux pays sont en concurrence pour les investissements étrangers et la domination économique régionale, en particulier dans leur volonté de diversifier leurs économies pour s'éloigner du pétrole. Cette concurrence s'est manifestée par des différends sur les routes commerciales, les projets d'infrastructure et les partenariats régionaux.
Les implications d'une fracture durable entre l'Arabie saoudite et les ÉAU sont considérables. Elle pourrait affaiblir la coopération régionale en matière de sécurité, compliquer les efforts de résolution des conflits au Moyen-Orient et créer de nouvelles opportunités pour les puissances rivales d'exercer leur influence. La communauté internationale suit de près la situation, dans l'espoir d'empêcher une nouvelle escalade et d'encourager un retour au dialogue entre les deux influents États du Golfe. La stabilité future de la région pourrait bien dépendre de leur capacité à gérer leurs différends et à trouver un terrain d'entente.
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