Des physiciens réclament une plus grande reconnaissance des rôles essentiels que les femmes ont joués dans l'élaboration de la mécanique quantique, un domaine souvent dominé par des figures masculines dans les récits historiques. Cet appel à l'action intervient dans un contexte de sensibilisation croissante aux biais systémiques qui ont historiquement marginalisé les femmes dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques (STIM) à l'échelle mondiale.
L'ouvrage "Women in the History of Quantum Physics: Beyond Knabenphysik", dirigé par Patrick Charbonneau et al. et qui doit être publié par Cambridge University Press en 2025, vise à mettre en lumière les contributions souvent négligées des femmes au développement de la théorie quantique. Le livre souligne les défis auxquels ces femmes ont été confrontées, notamment la division sexuée du travail, les écarts de rémunération et les pressions sociétales les incitant à choisir entre carrière et famille.
Williamina Fleming, astronome écossaise, est un exemple de femme pionnière dans le domaine scientifique, qui a surmonté d'importantes difficultés pour apporter une contribution substantielle à ce domaine. Après avoir été abandonnée par son mari aux États-Unis alors qu'elle était enceinte, Fleming a trouvé un emploi de domestique chez Edward Pickering, le directeur de l'observatoire de l'université de Harvard. Sa diligence et son esprit vif l'ont amenée à être embauchée à l'observatoire, où elle a fait d'importantes découvertes, classant des milliers d'étoiles.
Chien-Shiung Wu, une autre figure notable, a confirmé expérimentalement l'intrication quantique, une pierre angulaire de la mécanique quantique. Malgré son travail novateur, Wu a souvent été confrontée à la discrimination et à un manque de reconnaissance par rapport à ses homologues masculins.
Ces histoires reflètent une tendance plus générale des femmes scientifiques dont les idées sont rejetées ou attribuées à des collègues masculins, qui sont confrontées à des préjugés fondés sur le sexe, la race ou la classe, et qui se sentent obligées de se conformer aux rôles traditionnels attribués aux femmes.
La volonté de reconnaissance va au-delà de la simple reconnaissance historique. Les défenseurs de cette cause espèrent qu'en mettant en lumière les réalisations et les luttes des femmes dans le domaine de la mécanique quantique, ils pourront inciter les futures générations de femmes à poursuivre des carrières dans les STIM et à remédier aux déséquilibres persistants entre les sexes dans ces domaines. Cet effort vise également à favoriser une communauté scientifique plus inclusive et équitable, où les contributions sont valorisées quel que soit le sexe.
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