Dans un monde de plus en plus façonné par les algorithmes et l'intelligence artificielle, le cinéaste iranien Abdolreza Kahani utilise le pouvoir du cinéma pour explorer une question très humaine : que se passe-t-il lorsque les structures de pouvoir s'effondrent ? Son dernier projet, "Empty Heaven" (Ciel Vide), une comédie noire, imagine un Iran post-Ayatollah aux prises avec un vide du pouvoir, un scénario qui semble étrangement prophétique compte tenu du climat politique actuel.
Kahani, déjà célébré pour son film "Mortician", lauréat du Festival du film d'Édimbourg 2025, n'en est pas à son coup d'essai en matière de sujets sensibles. Mais "Empty Heaven" arrive à un moment particulièrement instable. Alors que les protestations s'intensifient en Iran et que le régime recourt à des mesures de plus en plus répressives, le film de Kahani offre une exploration fictive, mais profondément résonnante, des futurs potentiels. Le postulat du film – une nation au bord du changement – reflète les angoisses et les incertitudes ressenties par de nombreux Iraniens aujourd'hui.
La toile de fond de l'entreprise artistique de Kahani est une nation en proie à la tourmente. Ces dernières semaines, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a reconnu, de manière inhabituelle, la mort de milliers de manifestants lors d'une répression nationale. Cet aveu, associé au repli subséquent du régime dans l'isolement et le contrôle, brosse le tableau d'un gouvernement soumis à une immense pression. Pour Khamenei, qui règne depuis quatre décennies, cette stratégie de survie par l'isolement et la force est familière. Cependant, l'ampleur des troubles suggère que, cette fois, la vieille recette pourrait ne pas suffire.
"Empty Heaven" promet d'être plus qu'un simple commentaire politique ; c'est une histoire humaine qui se déroule dans un contexte de bouleversements sociétaux potentiels. Bien que les détails de l'intrigue restent confidentiels, le genre du film – la comédie noire – suggère une approche nuancée, mêlant l'humour à la gravité de la situation. Cette approche permet à Kahani d'explorer des thèmes complexes sans recourir à un didactisme lourd, ce qui rend le film accessible à un public plus large.
L'exploration d'un vide du pouvoir par le film est particulièrement pertinente à l'ère de l'IA. À mesure que les systèmes d'IA deviennent de plus en plus sophistiqués, ils sont capables d'analyser de grandes quantités de données et de prédire les résultats potentiels. Dans le contexte de l'instabilité politique, l'IA pourrait être utilisée pour modéliser différents scénarios et éclairer la prise de décision. Cependant, l'utilisation de l'IA dans des situations aussi sensibles soulève des préoccupations éthiques concernant les biais, la transparence et la responsabilité. Qui contrôle les algorithmes et à qui servent leurs intérêts ? Ce sont des questions que le film de Kahani soulève implicitement.
Le développement d'outils basés sur l'IA pour analyser les risques politiques est un domaine en pleine croissance. Des entreprises comme Palantir et Recorded Future proposent des services qui utilisent l'IA pour surveiller les médias sociaux, suivre les tendances politiques et prédire les conflits potentiels. Bien que ces outils puissent être précieux pour les décideurs politiques et les investisseurs, ils soulèvent également des inquiétudes quant à la surveillance et au potentiel de manipulation.
Alors que "Empty Heaven" se dirige vers la production, il nous rappelle le pouvoir de l'art de refléter et de façonner notre compréhension du monde. En cette période d'incertitude et de changements technologiques rapides, le film de Kahani offre une exploration opportune et stimulante de la condition humaine face aux bouleversements politiques. Il reste à voir comment les autorités iraniennes réagiront au film, mais son existence même témoigne de l'esprit durable de créativité et de résistance face à l'oppression.
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