L'étude s'est concentrée sur la manière dont les virus infectant les bactéries, connus sous le nom de bactériophages, interagissaient avec les bactéries E. coli dans les conditions de quasi-apesanteur de l'ISS. Les chercheurs ont observé que les virus et les bactéries subissaient des modifications génétiques, influençant la façon dont les virus se fixaient aux bactéries et dont les bactéries se défendaient. Ces résultats suggèrent que la microgravité exerce une pression sélective, entraînant l'évolution des deux organismes dans des directions inattendues.
« L'environnement spatial offre un laboratoire unique pour étudier l'évolution microbienne », a expliqué le Dr Kenji Tanaka, chercheur principal du projet. « Comprendre comment ces interactions évoluent dans l'espace peut fournir des informations précieuses sur les mécanismes fondamentaux de la coévolution virale et bactérienne. »
Les implications de cette recherche vont au-delà de l'exploration spatiale. Face à la menace mondiale croissante de la résistance aux antibiotiques, les scientifiques explorent des stratégies alternatives pour lutter contre les infections bactériennes. La phagothérapie, qui utilise des bactériophages pour cibler et tuer les bactéries, est l'une de ces approches. Les résultats de cette étude pourraient aider à affiner et à améliorer les phagothérapies, en les rendant plus efficaces contre les infections résistantes aux médicaments.
La recherche souligne également l'importance de comprendre comment les systèmes biologiques réagissent aux contraintes de l'espace. Alors que les efforts d'exploration spatiale s'intensifient, avec des collaborations internationales visant à établir des habitats à long terme sur la Lune et sur Mars, il devient crucial de comprendre comment les microbes se comportent dans ces environnements pour assurer la santé et la sécurité des astronautes.
« Il s'agit d'un véritable effort international, avec des chercheurs de différents pays qui apportent leur expertise », a déclaré le Dr Maria Rodriguez, co-auteure de l'étude. « En partageant nos connaissances et nos ressources, nous pouvons accélérer le développement de nouvelles stratégies pour lutter contre les maladies infectieuses, tant sur Terre que dans l'espace. »
La prochaine phase de la recherche consistera à étudier un plus large éventail de virus et de bactéries dans l'espace, ainsi qu'à étudier les mécanismes moléculaires qui sous-tendent les changements évolutifs observés. Les scientifiques espèrent que ce travail ouvrira la voie au développement de nouvelles thérapies et de mesures préventives pour protéger la santé humaine face aux maladies infectieuses émergentes.
Discussion
Join the conversation
Be the first to comment